[Série du Ramadan] Ramadan et nos pieux prédécesseurs


Par Muhammad Ahmad

Au nom d’Allah, Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux.

Le but de cet article est de mettre en lumière la productivité de nos pieux prédécesseurs durant le mois de Ramadan, en espérant qu’ils serviront de modèles pour les musulmans d’aujourd’hui. Je demande à Allah soubhanahou Wa Ta’ala que cet article soit bénéfique et qu’Il facilite notre séjour sur cette terre. Nous connaissons tous le hadith authentique rapporté par Al Boukhari : « Les meilleurs gens sont ceux de ma génération, puis ceux qui suivent, et ceux qui suivent, ensuite viendra un peuple dont le témoignage précédera le serment et dont le serment précédera le témoignage. » Ibrahim l’un des narrateurs de ce hadith disait : « lorsque nous étions petits, on nous punissait à cause du serment et du témoignage

Les trois meilleures générations de musulmans sont la génération du prophète (paix et bénédiction soient sur lui) et de ses compagnons, la génération de ceux qui les suivent immédiatement (Tâbi’în) et la génération de ceux qui suivent les Tâbi’în (Tâbi’i Tâbi’îne). Mais comment se déroulait leur mois de Ramadan ? Etait-il semblable au notre? Comment vivaient-ils le début de ce mois sacré ?

Ma’âlli ibnou’l fadl disait : « Six mois avant le début de Ramadan, ils demandaient à Allah le Très Haut de prolonger leur vie afin qu’ils puissent être présent durant ce mois, et les six mois suivants, ils imploraient Allah le Très Haut d’accepter leur jeûne. »

N’est-ce pas fabuleux ? Toute l’année était dédiée à l’invocation et à l’adoration.

Il a été rapporté en outre qu’Ibnou Omar (qu’Allah l’agrée) disait au début du mois de Ramadan : « Bienvenu au mois qui nous purifie des pêchés. »

Tel était leur état d’esprit avant le début de Ramadan. Mais alors, que pouvait-il bien en être une fois le mois commencé ?

Bismillah – voyageons à travers leur histoire…

Leur relation avec le Coran. Les compagnons du Prophète (Paix et bénédiction soient sur lui) donnaient une très grande importance au Noble Coran durant le mois de Ramadan. Il est rapporté qu’Othman Ibn Affan (qu’Allah l’agrée) achevait la lecture du Saint Coran une fois par jour.

Leur récitation n’était pas une simple lecture des versets mais surtout une contemplation du sens. Al Bayhaqi rapporte, d’après Abu Houraira, que lorsque les derniers versets de la Sourate An-Najm étaient révélés-

« Quoi ! Vous étonnez-vous de ce discours (le Coran) ? Et vous [en]: riez et n'[en] pleurez point ? Absorbés [que vous êtes] par votre distraction. » [Sourate L’étoile (An-Najm), 53:59-61]

Les compagnons qui vivaient dans la mosquée du Prophète (paix et bénédiction soient sur lui) en pleurèrent à chaudes larmes. Lorsque le prophète (paix et bénédiction soient sur lui) les entendit, il se mit également à pleurer, puis leur annonça la bonne nouvelle: « Quiconque pleure par crainte d’Allah soubhanahou Wa Ta’ala n’entrera pas en enfer » (Rapporté par Al Bayhaqi)..

Il est aussi rapporté qu’Ibnou Omar (qu’Allah l’agrée) pleurait énormément à la lecture du Coran. Un jour, alors qu’il lisait la Sourate Al-Moutaffifin, en atteignant le verset »le jour où les gens se tiendront debout devant le Seigneur de l’Univers ? » (83:6), il se mit à pleurer si fort qu’il en fut submergé d’émotion et ne put poursuivre la lecture.

Telle était la relation qu’entretenait notre Prophète (paix et énbédiction soient sur lui) et ses compagnons avec le Coran. En ce qui concerne la génération suivante (Tabi’ine), voici la relation qu’ils avaient avec le Coran durant Ramadan :

« Lorsque débutait le mois de Ramadan, Sufyan Athawri délaissait tout acte d’adoration pour se consacrer au Coran »

“Sa’id ibn Joubeir récitait le Coran entièrement en deux nuits”

« Dès que Ramadan débutait,Malik ibn Anas délaissait toutes les assises de science et se concentrait à la récitation du Saint Coran »

“L’imam Azzouhri disait au commencement de Ramadan : c’est en effet la lecture du Coran et le fait de nourrir les pauvres. »

La journée type de nos pieux prédécesseurs

Ils commençaient leur journée par la prière et l’invocation jusqu’au lever du soleil. La lecture du Saint Coran représentait l’activité principale de la journée.

“Aswad Ibn Yazid lisait le Saint Coran tout entier toutes les deux nuits »

“Khataada lisait le Saint Coran tout entier tous les sept jours et tous les trois jours durant Ramadan »

La vitesse moyenne de lecture du Saint Coran correspond à 30-35 min par djouz’. Sachant que le Saint Coran se compose de 30 djouz’. Ce qui veut dire qu’ils lisaient 10 djouz’ par jour (30 minutes multipliées par 10 djouz’ = 300 min/60 = 5 heures). Nous pouvons déduire qu’en moyenne, chacun d’eux passait 5 heures par jour à lire le Saint Coran.

La journée typique de Othman Ibn Affan (qu’Allah l’agrée) se composait du jeûne durant la journée et de prières durant la nuit (Sounan al-bayhaqi 4/301). Othman Ibn Affan (qu’Allah l’agrée) était en état de jeûne lorsqu’il a été assassiné. (Al-hilyah 1/55)

Leurs journées étaient dédiées aux invocations, tout en évitant les futilités. Jabir bin Abdullah (qu’Allah l’agrée) disait : « Lorsque vous jeûnez, veillez à ce que vos oreilles, vos yeux et votre langue jeûnent aussi et évitent les propos immoraux et les mauvaises actions. Soyez calme et faites en sorte que le jour où vous jeûnez et celui où vous ne jeûnez pas ne soient pas identiques. » (Ibnou abi Chayba 2/422)

Nos pieux prédécesseurs évitaient de fréquenter les pervers et les endroits où l’on commet des péchés. En effet, par exemple lorsqu’Abdullah ibn Masoud (qu’Allah l’agrée) était invité à un mariage, il n’hésitait pas à quitter la cérémonie si des choses interdites y étaient présentes. Ils s’éloignaient des pervers et des innovateurs, afin de préserver la pureté de leur cœur. Ils n’étaient atteints ou hantés par le doute et les désirs de ces personnes malsaines. C’est en se mêlant uniquement aux bonnes personnes et en prenant part à des rassemblements dépouillés de toute forme d’interdits qu’ils ont été capables d’augmenter et préserver leur foi.

Lorsque le moment de rompre le jeûne arrivait, ils accouraient pour nourrir le pauvre et le démuni. Il est rapporté qu’Ibnou Omar (qu’Allah l’agrée) rompait le jeûne en compagnie des pauvres, et si l’un d’entre eux lui demandait à manger alors qu’il rompait son jeûne, il lui donnait sa part.

Je vais conclure avec l’histoire de l’un de nos pieux prédécesseurs, qui en pleine agonie, se mit à pleurer. Lorsqu’on lui demanda ce qui le mettait dans un tel état, il répondit : « Je ne serais plus en mesure de jeûner avec ceux qui jeûnent, de me rappeler Allah avec ceux qui s’en rappellent, et de prier avec ceux qui prient. »

A propos de l’auteur:

Muhammad Ahmed (Feyte) intervient couramment au sein de sa communauté et à travers des webinaires en ligne. Il a étudié Sahih al Bukhari durant une année sous la direction du Sheikh Muhammad Umal, l’un des grands Muhadith (Savant du Hadith) en Afrique de l’Est. Il a étudié le Tajwid sous la tutelle du récitateur Abdul Rashid Soufi (Imam au Qatar), le Fiqh( jurisprudence islamique ) et le Tafsir (exégèse du Saint Coran) sous la tutelle d’une pléiade de savants venus d’Arabie Saoudite, du Soudan, de Somalie et du Yémen. Il vit actuellement en Suède où il poursuit ses études en science islamique, sous la direction de différents savants.

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